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EUROPE – Barcelona, Sala Razzmatazz, Espagne – 23 janvier 2010

EUROPE – Barcelona, Sala Razzmatazz, Spain
23 janvier 2010.

Soyons franc cinq minutes. Il ne faisait pas bon évoquer le nom de EUROPE en 1987. Le Métal, alors en pleine opposition entre les posers glameux et les thrasheurs patchés voyait arriver de Suède un ovni qui allait dynamiter la bande FM avec un certain « The Final countdown ». Tube planétaire, dégoulinant de synthés, de permanentes et de sourires ultra-brite ce titre allait déchainer des passions déjà chauffées à blanc par des années de tensions entre fans de MOTLEY CRUE et WASP d’un coté, et supporters de METALLICA et SLAYER de l’autre. Metal ou pas Metal, Hard ou pas Hard ? La question a longtemps échauffé les débats, laissant dans l’ombre le reste d’un répertoire hautement électrique que les albums que sont « The Final countdown », « Prisoners in paradise », et « Out of this world » ont largement contribué à diffuser au travers des tympans de ceux qui voulaient bien faire preuve d’un brin d’investigation.

Il m’aura fallu plus de vingt ans, et la grosse claque du concert de EUROPE au Hellfest 2009 pour qu’enfin je me mette à considérer le combo suédois avec intérêt, tant ce jour là mes préjugés ont volé en éclat. Et c’est avec une envie féroce de m’en reprendre une dose que je me retrouve avec mon pote Cédraak en cette belle journée de janvier au Pepe Bar, le pub Métal aux toilettes les plus infâmes de toute la Catalogne, en face du non moins célèbre Razzmatazz. La salle barcelonaise affiche l’affluence des grands jours et la fosse est comble lorsque la première partie, sur laquelle je ne m’étendrai pas, clôture un set poussif et sans intérêt.

Il est 22 h lorsque les lights s’éteignent, déclenchant immédiatement une ovation dans le public, parmi lequel la gent féminine donne de la voix. Jon Norum apparaît dans la pénombre, Joe Tempest déboule et le groupe lance son set sur un « Last look at Eden » bourré de feeling et tout en rythmiques mordantes. « Love is not the enemy », « Superstitious », « Gonna get ready », EUROPE livre ce soir un best-of de ses deux époques. Piochant allègrement dans ses trois plus récemment albums, ceux de la reformation en 2004, alternant leurs meilleurs titres avec les hits de la période 1986 – 92, le combo dynamite sans peine une fosse toute entièrement sous le charme.

Un son limpide, un feeling rock proche des grands maîtres des 70’s, j’ai nommé WHITESNAKE et THIN LIZZY, une interprétation sans faille et une communication intense avec la frange féminine de l’auditoire comme rarement j’ai eu l’occasion d’en témoigner. La grande classe ! Ma voisine hurle à s’en faire péter la glotte et mes tympans, les téléphones portables immortalisent en video l’instant présent et le public chavire sur un « Prisoners in Paradise » à vous filer la chair de poule. « Open your heart », « Stormwind », « Seventh sign » et son solo de guitare, « New love in town », EUROPE nous balade dans son répertoire et les hits succèdent aux hits. « Start from the dark », « Memories », ça riffe à tout va, les synthés sont discrets et laissent la part du lion à la guitare de Jon Norum, musicien ô combien talentueux et trop injustement reconnu.

La suite est tout aussi jouissive avec les hits ultimes que sont « Cherokee » et « Rock the night », repris à l’unisson par un public aux anges, avant le rappel et un « The beast » qui permet à chacun de reprendre ses esprits avant le final définitif qu’est « The Final Countdown ». Que dire sinon que ce tube déclenche immanquablement une vague d’enthousiasme comme jamais, tant ce titre évoque inévitablement des souvenirs innombrables pour la plupart d’entre nous. Entendre « The final coundown » c’est voir sa vie défiler devant ses yeux en cinq minutes et perdre un litre de sueur en sautant comme un imbécile en s’égosillant comme un damné ! Génial ! « Et en plus, ils sont beaux comme des Dieux », semble dire ma voisine, dont le sourire béat, la bouche ouverte et les yeux mi-clos trahissent des fantasmes ô combien condamnés par une morale chrétienne qui ne fait ce soir pas le poids face à ces cinq éphèbes venus du froid. Le groupe tire enfin sa révérence, les lights se rallument sur un public conquis et j’ai du mal à redescendre sur terre. Je suis un prisonnier au Paradis, hors de ce monde, j’ouvre mon cœur, je guète le 7ème signe, un dernier regard à l’Eden, un cri de colère … putain, j’ai trois heures de bagnole pour rentrer chez moi !

YvesZ.

Setlist EUROPE :

. Last look at Eden
. Love is not the enemy
. Superstitious
. Gonna get ready
. Scream of anger
. No stone unturned
. Let the good times rock
. Prisoners in paradise
. open your heart
. Stormwind
. Guitar solo / Seventh sign
. New love in town
. Start from the dark
. Memories
. Cherokee
. Rock the night
. The beast
. The final countdown

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