Live reports

HELLFEST 2013 – Clisson, France – 21 au 23 juin 2013

HELLFEST 2013 (France)
by Thrash Elliott – photos by Ferros

Voilà l’été !!
Comme chaque année le pélerinage vers Clisson, capitale du Metal pour un week end, est un pur plaisir et ce malgré les 800 km qui séparent la ville médiévale de notre sud natal.

Les travaux effectués dans le camping municipal de la ville ne nous permettent pas de prendre position dans notre QG habituel. Il faudra donc rentrer tous les soirs avec notre véhicule jusqu’à la nouvelle base de replie qui se trouve à une quinzaine de kilomètres dans la campagne Clissonnaise. C’est un chouette camping, très calme, qui va nous permettre de reprendre des forces et de mettre nos tympans au repos le temps d’une nuit.
Nous profitons du jeudi après midi pour récupérer nos « pass » et nous mettre dans le bain devant la scène du Metal corner. Les groupes (souvent du coin) ont un bon niveau et les premiers slams et pogos donnent le ton pour le reste du festival.

Vendredi 21 juin 2013 :
L’ouverture du site à 10 h 00 tapante permet aux lève-tôts de se positionner en bonnes places devant le stand du merchandising officiel du Hellfest. Les T-shirts, bonnets, patchs et autres goodies partent déja comme des petits pains.
Si, à première vue, la déco diurne est quasiment la même que l’année dernière, la tombée de la nuit nous montrera une autre facette de ce site enchanté.
Une demi-heure plus tard nous voici aux pieds de 7 WEEKS. Le groupe a bien fait parlé de lui cette année et ce n’est que récompense que d’ouvrir les hostilités sur la Valley, scène dédiée au stoner, au doom et autres découvertes psychédéliques.

La sortie de leur nouvel album, « Carnivora », tombe à merveille pour convaincre ceux qui sont tombés du lit d’avoir fait le bon choix de ne pas avoir fait la grasse matinée.

Comme vous le diront certains, le plus dur au Hellfest c’est de se lever tôt pour profiter des premiers décibels et de pouvoir déambuler sur le site sans se marcher sur les pieds comme à partir de 17 h 00.

Pour ma part, 7 WEEKS m’a plongé dans le bain en seulement une demi-heure de set. Leur heavy stoner taillé pour les planches est tout à leur honneur.
Il ne faut pas moins de cinq minutes pour rejoindre la Warzone, scène consacrée au punk/hardcore, exceptionnellement en configuration outdoor alors qu’habituellement un chapiteau abritait nos têtes dégarnies. Du coup c’est devant un parterre bien plus conséquent que les autres années, que les groupes affiliés ont joué. Je ne vous dis pas l’ambiance !!

Avant d’aller visiter les stands végétariens et vegan qui parsèment le site, le mieux c’est de se prendre une bonne claque hardcore dans les oreilles. C’est VERA CRUZ qui aura la tâche périlleuse de nous faire oublier le chapiteau des années précédantes et de nous mettre en appétit avant midi.
J’avais eu l’occasion de les voir avec un autre chanteur lorsqu’ils ouvraient en compagnie d’ Admiral´s Arms pour Cancer Bats à Montpellier. J’avais pris une bonne claque et je suppose qu’ils ont du me reconnaître car j’en ai pris une nouvelle dans la figure en ce beau matin d’été. Thierry (ex-Odja) a donc remplacé Black Flav au micro et même si le bougre avait un genoux bandé, il a donné tout ce qu’il avait. Sa voix, son attitude sincère et son allure sympathique ont carrément conquit le public. Bon, il faut dire que ses potes envois du gras derrière sans se reposer un instant. Bravo !!

Il est temps de tester la Mainstage 2 en allant voir les anglais de SSS (short Sharp shock), qui devaient se demander ce qu’ils faisaient sur une si grosse scène. J’imagine que dans un club leur musique doit avoir des allures de rouleau compresseur alors que sur une scène démesuré, le son du quatuor s’est un peu éparpillé dans l’atmosphère. C’est dommage. Je ne peux que vous conseiller d’écouter leur Lp « Problems to The Answer » que j’ai découvert en 2011 pour vous faire un avis précis sur cet excellent groupe.

Pris dans l’entonnoir de la programmation du Hellfest, je n’ai pas encore goûté aux saveurs des stands de restauration. Pas le temps… il me faut presque courrir pour ne pas manquer le début du set de MISANTHROPE sous la Altar qui fait partie commune avec la tente Temple.

Je vais éviter la sempiternelle polémique sur le bien fondé d’ horaires si serrés, tout a déja été dit à ce sujet… idem pour MISANTHROPE, tout a déja été dit sur leur compte ! Sauf que je fais parti des aficionados de la bande à l’Argilière et que je n’aurais raté l’occasion de les revoir pour rien au monde. Dommage que le son était un peu brouillon, même au plus prôche de la scène. Concert réussi pour leur part.

Il est 14 h 00 lorsque je me pose face à la Mainstage 1 pour assister (en dégustant enfin un « carri Mauricien ») à l’énergique show d’ HARDCORE SUPERSTAR. Il y a un moment que les potes me parlent de ces suédois mais je n’avais pas encore eu la foi de me pencher dessus. Je peux vous assurer qu’en live c’est vraiment prenant d’entendre du heavy rock si bien exécuté (et oui des suédois !!). Une mention spéciale au chanteur qui m’a fait bonne impression.

Après ce concert, je vais prendre la température du Metal Market, histoire de me faire saliver à la vue de tous ces vinyles (mention spéciale au stand de Straight & Alert) mais bon les achats impulsifs ce n’est définitivement pas pour moi. Le son des six scènes du Hellfest sera suffisant cette année pour me combler.

Alors que certains se dirigent vers la Mainstage 2 pour prendre le « Final countdown » d’EUROPE dans la face, je vais dans la direction opposée, c’est à dire vers la Warzone où DEEZ NUTS s’apprête à dévaster la scène. J’ai dans la tête tous les morceaux de leur album de 2010, « This one’s for you » et je veux voir ça en live !! Casquettes sur le crâne, les australiens balancent leur hardcore two steps avec un son moderne et un flow vocal quasi hip hop. Le contraste est du meilleur effet comme nous le montre l’ambiance chaotique dans les premiers rangs de la fosse. Je ne m’attendais pas à une si bonne réaction du public pour DEEZ NUTS. Yo !!

Le site du Hellfest commence à être bien garni. Normal c’est le réveil d’une (grande) partie du public plus prompte à soutenir les pointures que sont Twisted Sister, Terror ou Def Leppard que Vektor, Aura Noir ou bien Stille Volk.

La journée de vendredi est placée sous le signe du Thrash Metal puisqu’ après S.S.S., Heathen, Vektor (et avant Kreator), ce sont les américains de TESTAMENT qui usent leurs médiators sur la Mainstage 2. Le niveau des musicos est assez hallucinant avec des parties de guitares venues d’une autre planète, un batteur frappadingue et l’infatigable Chuck qui mène la barque avec son pied de micro. La set-list, paraissant toujours trop courte pour un groupe de cette trempe, est parfaite avec un mélange de nouveaux titres (« Rise up », « True American Hate », « Native blood ») et quelques pépites ayant voyagées dans le temps jusqu’à Clisson (« Practice What You Preach », « Into the pit »…). Si la fosse est en ébulition, les plus attentifs sont à l’affut de chaque solo de guitare d’Alex Skolnick, véritable Alien du manche.

Alors que certains s’apprètent à fêter l’apéro devant Twisted Sister, quelle ne fut pas leur surprise en apprenant que le show a été interverti avec celui de Whitesnake…

La clique de David Coverdale arrive sur scène avec des regards surpris face à eux. Le groupe WHITESNAKE a rarement visité la France cette dernière décénie et je me devait d’entendre les quelques tubes qui ont bercé une partie de ma jeunesse. Le sieur David a quelque peu de mal à se mettre dans le bain et son chant n’a plus la même fièvre que sur les disques mythiques. Bon, le bougre ne doit plus être tout jeune maintenant. Par contre ses acolytes sont affûtés pour que le rendu de l’ensemble ne me fasse pas regretter d’avoir louper Terror sur la Warzone… de plus tous les hits ont été joués ce soir (« Give Me All Your Love », « Don’t Break My Heart Again », « Fool for Your Loving », « Still of the Night » ainsi qu’un medley excellent constitué de « Best Years / Bad Boys / Children of the Night »). Anecdotique…

Il est 20 h 00, ce qui me donne l’occasion de vous confirmer que la météo de ce premier jour a été très clémente avec les festivaliers. Ce n’est jamais gagné aux abords de la Bretagne.

Dès cet instant, je ne vais pas lâcher la Mainstage 1 de vue avec tout d’abord l’arrivée des américains de TWISTED SISTER. Vous dire que c’est un rêve qui se réalise que de les voir enfin serait trop excessif mais ce n’est pas loin.

J’avais été prévenu que le groupe était toujours en pleine forme et ce avec une quarantaine d’année d’expérience au compteur (et oui !!). De « you can’t stop rock n’ roll » jusqu’à la reprise des Stones, « It’s Only Rock ‘n’ Roll (But I Like It) », jouée en fin de set, TWISTED SISTER a retenu l’attention d’un public partagé entre « mais ce n’était pas une blague ce groupe finalement » et « wouah, la claque !! ». Bien sûr les plus critiques diront que Dee Snider est toujours aussi laid mais bon nous sommes là pour voir du Rock n’ roll et non un défilé de pop-stars. Ce qui compte c’est que le mythique leader ait conservé sa puissante voix et qu’il possède un charisme à faire chavirer n’importe quel coeur. Il a même fait un petit speech à l’égard des personnes à mobilité réduite qui séjournaient sur une plate-forme réservée à cet effet en leur demandant de « lever leur cul du siège ». Finesse quand tu nous tiens…

Au final, nous avons assisté à l’un des meilleurs show de la journée avec un enchaînement de hits improbables à entendre sur une scène en 2013 tels « We’re Not Gonna Take It », « The price », « Burn in Hell », « The Fire Still Burns » et bien sûr l’incontournable « I Wanna Rock » repris par l’ensemble des fans (mais pas seulement). Outre Dee Snider, signalons que toute la formation a sué sang et eau pour nous offrir cet excellent concert !! I wanna rock !!!!!!!

Un autre rêve est tout prêt de se réaliser. Pour cela il suffit de rester au même endroit et de se rapprocher peu à peu des barrières pendant qu’ HELLOWEEN se charge d’amuser le public sur la Mainstage 2 toute proche.

Il est 23 h 00 lorsque DEF LEPPARD apparait devant nos yeux avec une étonnante mise en scène (Joe Elliott portant un grand chapeau) et une entame de set qui nous ramène à l’époque du premier album des anglais (« Good Morning Freedom » et « Wasted »). C’est assez déroutant pour un public qui s’attendait à entendre l’album « Hysteria » dans son intégralité. La suite se veut un peu moins old school avec « Let’s get rocked » ou « Action » (sans oublier « Foolin » et la légendaire balade « Bringin’ on the Heartbreak / « Switch 625 »).

Les musiciens sont en forme et même Vivian Campbell (pourtant gravement malade) ne laisse rien paraître. Après seulement sept titres, le groupe quitte la scène laissant la place à un documentaire projeté sur les écrans géants. Nous pouvons voir défiler toute la carrière du Léopard sourd avec des extraits d’interviews, de concerts…

Leur retour sur les planches se fera dans une configuration plus en adéquation avec l’image véhiculée habituellement par DEF LEPPARD du style Joe portant son T-shirt anglais ou Phil Collen sans T-shirt !. C’est à ce moment-là que démarre « Women », le morceau qui ouvre l’album « Hysteria ». La suite, c’est une douzaine de hits enchaînés comme sur le disque mythique. Alors oui, ce n’est pas la période la plus heavy que nous propose ici le groupe mais c’est quand même du bonheur d’entendre « Pour Some Sugar on Me », « Rocket », « Gods of War » sur la scène du Hellfest.

La scène est à l’effigie de la pochette de l’album « Hysteria » (plus de 20 millions de copies vendues dans le monde quand même) et les jeux de lumières sont simplement magiques. Le son restitué par la sono est une copie parfaite (avec les effets sur la voix et tout) de la super production réalisée en 1987 par le célèbre producteur Mutt Lange.

De l’avis de beaucoup de fan de cette période « commerciale » de DEF LEPPARD, ce concert était parfait.

De l’avis des curieux qui ont été voir DEF LEPPARD, c’était trop moux…

Un dernier petit tour vers la Warzone pour s’achever les cervicales sur SICK OF IT ALL qui a mis une sacré ambiance dans la fosse. Il est 2 h 00 du mat et ce n’est que le premier jour… direction le camping.

Second round !!
Se réveiller le lendemain d’une première journée de Hellfest, c’est toujours très dur. Il faut dire que, quelques semaines avant, bien assis sur le canapé au frais à la maison, beaucoup se sont fait des promesses pour aller soutenir tel ou tel groupe dès 10 h 30… Sur place la réalité prend le dessus.

Samedi 22 juin 2013 :
Nos corps fatigués arrivent néanmoins à se trainer vers la Mainstage 1 pour rendre hommage à un des fleuroins du hard rock français des années 80 : ATTENTAT ROCK. Quoi ? tu te lèves pour ça ?? (les potes du camping en choeur !!).

Bien m’en a pris car j’ai assisté à une belle prestation, les yeux remplis de nostalgie. Le groupe a joué quelques bons morceaux de l’album « Strike » (le plus aboutit à mon sens). Si l’année 1985 est bien loin, il n’empêche que ça fait toujours plaisir d’entendre la voix de Marc Quee mais également de revoir Pierre (basse) toujours avec la même coupe de cheveux !! Peut-être un jour aura-t’on droit à la reformation de Sortilege…

Plutôt que de parcourir le site en traînant des jambes mal réveillées (en gros, rien de prévu au planning dans ce créneau), je rejoins la horde de djeuns qui sont très nombreux à attendre ASKING ALEXANDRIA sur la scène voisine. Ne connaissant que très peu de titres des anglais (à part les clips vidéos), je ne m’attendais pas à recevoir une si bonne dose de décibels de bon matin (oui au Hellfest même à midi c’est de bonne heure). Le jeune groupe a fait le buzz sur le net toute l’année, du coup le public est venu en masse les soutenir devant la scène. Leur son, mélangeant heavy, pop et hardcore est assez rafraîchissant et en même temps percutant. L’ambiance monte d’un cran comme nous le dévoile le nuage de poussière qui se dégage du pit. Une belle découverte pour ma part.

Comme le souligne si bien ce proverbe Corse : « Pour qui se lève tôt le matin, coup de fatigue dans l’après-midi »… Je l’ai vérifié juste après avoir terminé mon plat de riz à la Mauricienne que m’ont gentillement préparé deux charmantes cuisinières derrière leur stand de cuisine végétarienne.

Je me déplace vers la scène Valley pour parfaire ma digestion dans le « calme » en appréciant les suédois de WITCHCRAFT. Comme quoi, le hazard fait parfois bien les choses car ce concert (pourtant imprévu dans mon planning du Hellfest) enrobé de sonorités psychédéliques et de riffs de « la vieille école » fut l’un de mes préférés. La qualité des compositions et les prouesses vocales du chanteur se sont chargées de me convaincre. Depuis je me suis plongé dans l’album « Legend » et c’est le bonheur.

Pendant que les potes filent voir THE OLD DEAD TREE, je reste au même endroit, bien placé, pour attendre KARMA TO BURN qui va nous proposer un set à des années lumières de ce que j’avais pu observer à Montpellier il y a quelques temps. La première surprise, lorsque le groupe débarque sur scène, c’est de ne voir que le guitariste/compositeur, William Mecu, accompagné d’un nouveau membre qui tiens les baguettes. Depuis, j’ai appris que les habituels musiciens, dans le groupe depuis des lustres, se sont fait éjecter de KARMA TO BURN pour divers problèmes (dépendance, frics…).
Le duo ne s’est pas démonté pour autant et nous a donné une belle prestation avec une ambiance étonante sous le chapiteau. Pour le reste de la tournée estivale c’est le bassiste de The Exploited qui s’est rajouté à l’équipe.

Je profite d’avoir encore toute ma lucidité pour prendre quelques notes sur les concerts de cette seconde journée. C’est au son des allemands d’ ACCEPT que se déroule ce moment de réflexion. Leur nouveau chanteur est vraiment très bon comme la plupart d’entre vous ont pu s’en rendre compte sur les deux derniers albums. Sur scène sa voix est toute aussi percutante. Pas facile de se concentrer avec autant d’hymnes qui vous trottent dans les oreilles… Balls to the wall !!!

Rien de mieux que d’entendre du heavy metal teuton pour se réveiller. Je file tout droit vers la Warzone qui accueille CONVERGE. Leur style hyper tordu est apprécié par pas mal de monde, ce qui fait que l’ambiance décolle dès le premier titre. Signalons que malgré les 160 groupes à l’affiche du Hellfest et ce dans des styles très variés, le public n’est pas du tout blasé. Tout le monde est là pour s’amuser et du coup, chaque prestation est saluée par des slams et des pogos « bon enfant ».
Après une telle claque, je me dirige vers la scène Temple avec l’intention de rester sur orbite avec les énergiques Finlandais de FINNTROLL sauf que durant le trajet séparant les deux scènes, je croise des potes qui me soutiennent que je fais une grosse bêtise en n’allant pas voir KISS sur scène…

Moins intransigeant à cause de la fatigue, je me laisse convaincre et me glisse aux tous premiers rangs pendant que les roadies « montent » le matos. Une heure d’attente avant le coup d’envoi… Je m’occupe en observant les fans les plus harcore de la Kiss Army qui, pour certains, ont attendu depuis le matin accroché à la barrière.

Sans être un fan virulent de KISS, je ne peux que féliciter mes camarades de m’avoir convaincu d’assister à leur show. Les lasers, les plateformes qui s’élèvent, les paillettes, les maquillages, c’est du grand art ! Et la musique dans tout ça ?
ça démarre avec « Psycho circus », période assez récente du groupe, pour enchaîner sur le premier véritable hit, « Shout It Out Loud ». Dans le public, c’est l’euphorie à tous les niveaux. Les plus jeunes qui découvrent KISS sont émerveillés par tant de lumières et d’explosions alors que les anciens ricanes de plaisir dans leur barbe.

La machine américaine prend tranquillement son envol avec son lot de tubes tels « I Love It Loud », « Deuce », « God of Thunder »… Ces perles sont entrecoupées de divers solo (il faut voir le duel guitare/batterie avec sa mise en scène bien kitch) et de la traversée au dessus du public par Paul Stanley suspendu à un filin. Etonnamment le riff du méga-hit « I was made for… » n’ a pas résonné à Clisson ce soir. Ce sont les titres « Detroit Rock City » et « Black Diamond » qui achèvent tout le monde après presque deux heures de live. J’aurai certainement l’occasion de voir FINNTROLL un de ces jours…

La seconde journée arrive à terme, ce qui est également le cas de mon énergie. Je me surprends à fournir un ultime effort pour ne pas rater MORBID ANGEL qui a mis tout le monde d’accord sous la tente Altar.
(Thrash Elliott – photos by Ferros)

Dimanche 23 juin 2013 :
Le jour se lève sur Clisson et avec l’intensité des deux premières journées, les organismes ont été mis à rude épreuve. Et chaque année, je loue ma force de volonté qui m’entraine vers la salle de sport et sur les bords du Canal du Midi pour mes deux séances de sport hebdomadaires. Un seul objectif : tenir le choc devant les scènes pendant le Hellfest ! Voilà le challenge, qui se corse édition après édition car le poids des ans fait son œuvre, et les bières avec les copains aussi !

Bref, il est 10h du mat’ et je rallie les Mainstages pour ne rien louper de la prestation des finlandais de WALTARI. « Get stamped », « Atmosfear », la musique des finnois est parfaite pour réveiller les plus embrumés des esprits et la fraîcheur de « So Fine » emporte l’adhésion d’un public matinal et nombreux.

Petit tour coté restauration, histoire de se caler l’estomac, et direction l’Altar, où les furieux KRISIUN passent à l’attaque. Les « autres » frangins brésiliens sont à la fête et malgré l’heure, nous balancent un set de fureur et de sueur comme seuls les concerts en club en ont le secret.

Au Hellfest, on ne lâche rien. Direction les Main Stages, où un évènement se prépare. Et quel évènement, puisqu’il s’agit d’accueillir PRONG. Le combo de l’infatigable Tommy Victor fait son retour en France, et je ne pouvais louper ça. Accroché à la barrière du premier rang, je replonge à la simple vue des musiciens dans les années 90 et les journées entières à reprendre sur ma guitare électrique, les riffs de « Beg to Differ » et de « Prove you wrong ». Quels souvenirs, encore ravivés par l’interprétation du fabuleux « Unconditional » ! Que du bonheur !!

La suite se passé sur la Warzone, là où, au fond petit bois, sont parqués les plus furieux des combos présents à l’affiche. Et LE BAL DES ENRAGES fait « salle » comble en ce début d’après midi. Le pit est blindé et l’accès au site est tout simplement impossible tant le combo est attendu par le public. Ça bouge sévère dans les premiers rangs et le service do’rdre a du boulot pour exfiltrer les plus fébriles. La viande s’écrase, les os s’entrechoquent, les dents grincent et se déchaussent … « c’est pas de la musique pour bouffeurs de pepito ! » me hurle mon voisin ! Tu m’étonnes !

Je file me ravitailler en houblon avant de reprendre place devant les Main Stages où une de mes innombrables idoles s’apprête à monter sur scène. Il est 15h et DANKO JONES fait enfin son apparition. Quel bonheur mes amis, quel bonheur !! J’adore DANKO JONES ! Le trio canadien me file des frissons de partout et pour compter un gros paquet de leurs shows au compteur, je peux dire qu’aujourd’hui, le combo va livrer un set aux petits oignons. Et même si rien ne remplacera un bon show en club, comme celui donné deux mois plus tôt à Barcelone (quel souvenir !), je dois bien avouer qu’aujourd’hui, j’ai pris un pied d’enfer !

Je lâche rien et je file en direction de la Valley Stage, où les suédois de SPIRITUAL BEGGARS nous envoient un set aus sonorités purple-esques comme ils en ont le secret. Le chapiteau est bondé et les premiers rangs sont en transe, en connexion totale avec le combo et le feeling 70’s de leur musique. Magique. Un vrai moment de bonheur.

Retour devant la Mainstage 2 où NEWSTED est attendu, autant par les aficionados de l’ex-bassiste de METALLICA (et de FLOTSAM and JETSAM) que par les curieux. Il faut dire que celui qui a lâché la place de bassiste la plus convoité du monde, en 2003 s’est depuis dispersé dans bien des projets différents, jouant les guest-stars de luxe pour de nombreux groupes et artistes, et cette fois, reprend la route avec son propre combo, le simplement nommé NEWSTED. Au propre, un métal moderne et carré, teinté de mélodies accrocheuses et rageuses, mais qui ne décollera vraiment qu’avec le lancement du « Whiplash » de qui vous savez.

On enchaîne sans temps mort, et toujours devant les MainStages par un de ces grands moments de jouissance auditive avec VOIVOD. Le combo canadien, qui avait déjà fait parler la poudre ici même en 2009 revient cette année avec un album tout neuf et la ferme volonté de rappeler aux plus endormis qu’ils ont face à eux les précurseurs du Métal Atomique ! Que du bonheur, mes amis, que du bonheur ! « Target Earth », « Ripping Headaches », « Psychic Vacuum », ça riffe sévère et les tortueuses vrillent les cerveaux, et notamment celui de Phil Anselmo. L’inénarrable hurleur de DOWN et PANTERA passe visiblement un bon week-end, et passe son temps sur le coté des scènes (toutes les scènes !), cruche de bière dans une main et bouteille de rouge dans l’autre, et en ce moment, la garçon monte en température au fil des titres.

« Tribal convictions », « Mechanical Minds », le garçon fait le spectacle et se prosterne littéralement de mesures en mesures, au point que ça en devient génant. « Phil ! Arrête d’embêter le Monsieur », on a envie de lui dire, alors qu’il harangue Snake et intervient sporadiquement pour des chœurs débraillés ! La suite est tout aussi mouvementée sur le bord de scène, mais ce qui se passe sur les planches est bien plus fort et élevé, comme en témoigne le fauleux « Astronomy Domine » et le « Voivod » final qui voit Jason Newsted rejoindre ses potes sous les acclamations du public.

Que faire pour se remettre d’un tel show ? En reprendre une dose, avec les basques de GOJIRA sur la Main Stage voisine. Les quatre gaillards, qui avec leur « Enfant Sauvage » sont partis à la conquète du Monde et font honneur à la France sur tous les continents, reviennent à Clisson en Maîtres incontestés de la scène française. Que dire sinon que le petit combo qui ouvrait en 2000 pour IMMORTAL sous le nom de GODZILLA est aujourd’hui un monstre qui ravage tout sur son passage tandis que rien ne semble l’arrêter. Après la tournée des clubs en avril, et des dates mémorables à Perpignan et Toulouse, voilà les basques en configuration « Festivals open-air », et ça dépote sévère.

Gros son, titres ravageurs, interprétation sans faille, de la conviction, de la sueur et de la rage, GOJIRA fait mal, très mal, et on se demande bien ce qui pourrait les arrêter. Les garçons sont devenus des musiciens totalement accomplis et au commande d’une machine de guerre à faire pâlir d’envie certaines très grosses écuries anglo-saxonnes très (trop ?) établies.

Pas de temps mort. Je file dès la fin du set de GOJIRA en direction de la Valley, où DOWN nous a réservé un show, le second du week-end, en remplacement de CLUTCH, démissionnaire. Un show tout particulier puisque axé non pas sur le répertoire du groupe mais sur celui des combos dont sont originaires ses différents membres, à savoir EYEHATEGOD (« Sisterfucker », « Blank »), CROWBAR (« High rate extinction »), CORROSION OF CONFORMITY (« Clean my wounds », « Albatross » ), et bien évidemment PANTERA avec un « Walk » dévastateur qui ponctuera un set un brin bordélique et dont le caractère exceptionnel fera date dans l’histoire du Hellfest.

Ensuite, c’est un repos bien mérité au premier rang de la Valley, bière et barres de céréales en main (Qui m’a traité de sportif ?) en attendant la suite des hostilités. Et quelle suite, puisque DANZIG qui était annoncé sur la Mainstage au miliue de la nuit vient de permuter avec GHOST et le remplace sous la tente pour un show qui s’annonce … grand ! Sacré Glenn, le musculeux chanteur, poseur génial qui va passer son temps à reluquer la plantureuse rousse collée à mes cotés à la barrière en glonflant outrageusement les biscoteaux va nous livrer avec ses acolytes le show de la mort ! Accompagné de Tommy Victor (PRONG) à la guitare et du batteur Johnny Kelly (ex-TYPE O NEGATIVE), Glen revisite avec envie son répertoire solo avant d’accueillir à ses côtés l’impressionnant Doyle, son acolytes des MISFITS, pour quelques titres furieux, parfaits pour se dévisser la tête. Ça déboite sévère et les « Death comes ripping », « I turned into a Martian » et autres « Last Caress » dressent admirablement la table pour un superbe « Mother ». Excellent !

Pause resto oblige, je me file un burger-frites pas « diet » du tout et je prends la direction des Mainstages. La nuit est tombée depuis bien longtemps et les danois de VOLBEAT, headliners de la soirée, investissent la scène. Gros son, interprétation parfaite, les titres s’enchaînent et le combo danois en impose. Je replonge dans le souvenir du WOA 2012, lors duquel VOLBEAT avait mis une claque à plus d’un éléphant rose teuton, et ce soir, c’est la même histoire. Ça envoie du lourd, et chaque titre est une nouvelle claque. Que du bon, en cette fraîche soirée !

Il est 1h du mat’ et le Hellfest 2013 touche à sa fin. La fatigue le partage à la nostalgie, tant le retour sur terre et à la vie de tous les jours s’annonce toujours aussi difficile au fil des ans. Reste un groupe, un show, et pas des moindres puis que les affres du running order ont offert à GHOST la lourde tâche et en même temps l’opportunité majeure de clôturer une édition exceptionnelle. Et le combo suédois ne va pas se faire prier, Papa Emeritus en tête, flanqué de ses Nameless Ghouls pour 1h15 d’occult rock ficelé comme le rôti de mami avec les petits oignons et tout ce qu’il faut pour se délecter des brulots que sont « Infestissumam », « Monstrance Clock » et autres « Ritual » « Year Zero » et « Elisabeth » (dans le désordre !).

… et là, qui je vois sur le coté de la scène ? Phil Anselmo, toujours agrippé à sa bouteille de vin et visiblement bien allumé, qui monte encore en température titre après titre, en transe totale sur « Ritual » lorsque Papa Emeritus le marque d’un signe de croix … « Phil ! Laisse donc le Monsieur tranquille et rentre à la maison » a-t-on envie de lui dire, avant nous aussi de rallier une dernière fois le camping, exténués et heureux, ivres de sons et d’images loin d’être pieuses mais sacrément ressourçantes. Merci Hellfest ! RDV en 2014 !

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